Women In Tech : l’interview de Natalia, sur son métier de developpeuse
A l’occasion de Woman In Tech, et aussi parce que cela faisait longtemps que nous souhaitons présenter davantage notre équipe et ses membres, nous avons demandé à Natalia Mathieu si elle voulait bien prendre la parole pour nous livrer son parcours, et sa vision sur la place des femmes dans la tech.

Hello Natalia, peux-tu te présenter ?
Bonjour, je suis Natalia. Cela fait six ans que je travaille chez Believe It, et douze ans que je vis en France, après avoir quitté la Russie où j’avais un bac+5 en traduction. J’y ai travaillé dans le support informatique pour le groupe Mars à Moscou.
En France, j’ai fait une reconversion en alternance dans le développement informatique pour obtenir un bac+5 en travaillant chez Believe It,. J’ai occupé plusieurs postes : du support au développement full stack, en passant par des rôles de team lead et de scrum master. Aujourd’hui, je suis retournée à 100 % au développement.
Qu’est-ce qui te passionne dans ton métier ?
Ce qui me passionne le plus dans le métier de développeuse, c’est la capacité de créer et d’innover. Chaque ligne de code que j’écris contribue à construire quelque chose de concret, qu’il s’agisse d’une application, d’un service ou d’une solution qui facilite le quotidien des utilisateurs.
L’un des aspects les plus stimulants est la résolution de problèmes. Dans l’informatique, chaque projet est un nouveau défi à relever : analyser un besoin, trouver la meilleure approche technique et concevoir une solution efficace. C’est un domaine où il faut sans cesse apprendre, s’adapter et rester curieuse, ce qui rend chaque journée différente et stimulante.
J’aime aussi le travail d’équipe et la collaboration. Contrairement aux idées reçues, être développeuse, ce n’est pas juste coder seule derrière son écran ! C’est aussi comprendre les enjeux business, échanger avec d’autres équipes (design, marketing, clients…), et travailler ensemble pour construire des solutions performantes et adaptées aux besoins.
Enfin, je trouve passionnant le fait que la technologie évolue constamment. Travailler dans l’IT signifie être actrice du changement, anticiper les tendances et participer aux innovations qui façonnent le monde de demain. C’est un domaine où il y a toujours de nouvelles choses à découvrir, et cette dynamique permanente me stimule énormément.
Selon toi, quelle est la place des femmes dans la tech ?
Je ne sais pas si j’ai un regard complet sur la place des femmes dans la tech, mais en tout cas, je constate qu’il y en a de plus en plus. Il y a une vraie prise de conscience des entreprises, il y a des programmes étudiants ou entrepreneuriaux pour valoriser les femmes à des postes techniques et pour qu’elles puissent vraiment s’inspirer les unes les autres. On voit aussi davantage de femmes ingénieurs. Et durant mon alternance, ce qui m’a frappé, c’est qu’il y avait 30 % de femmes en premier cursus sur ma filière technique, ce qui aurait peut-être plus été de la reconversion auparavant. Hélas, il reste des stéréotypes, il y a des barrières culturelles. On dit que le secteur est masculin.
Pourquoi est-ce important d’avoir plus de femmes dans les métiers techniques et informatiques ?
Il est essentiel d’avoir plus de femmes dans les métiers techniques et informatiques, car une équipe diversifiée apporte des points de vue variés, favorisant ainsi la créativité et l’innovation. Aujourd’hui, ces métiers influencent fortement notre société. Il est primordial que les femmes y prennent pleinement leur place pour concevoir des solutions techniques reflétant la diversité de nos besoins et attentes.
Comment encourager les jeunes filles à s’orienter vers les métiers de la tech ?
C’est important de montrer aux jeunes femmes, et même aux petites filles, que les portes ne sont pas fermées. Et j’ai la conviction que chaque femme qui choisit une carrière dans la tech aujourd’hui ouvre la voie aux suivantes et montre qu’il n’y a aucune limite.
Par ailleurs, il y a aujourd’hui des ateliers auprès des enfants dans les écoles pour leur donner une première approche du développement informatique et du codage : c’est très bien, et on se rend compte qu’il n’y a pas d’affinités de genre avec la pensée logique et le codage. Et ça les éduque beaucoup plus tôt à avoir potentiellement une pensée mathématique ou informatique. Il y a 4 ans, j’ai co-animé des ateliers « Wi-Filles » auprès de collégiennes en tant qu’intervenantes pour parler de l’IT, et on a animé un atelier sur l’agilité avec un Marshmallow Challenge, puis nous avons vu comment rédiger des specs, c’était très enrichissant. Et on a eu des retours hyper positifs des collégiennes auprès desquelles on est intervenues. En fait, c’est important d’avoir des rôles et des modèles de femmes qui incarnent les métiers techniques, parce que la rareté cultive la rareté, et la mixité cultive la mixité.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui hésitent à se lancer dans ces métiers techniques ?
Je leur dirais qu’elles peuvent avoir un réel impact dans ce secteur qui touche à tous les domaines : santé, environnement, éducation, finances, etc. Il ne faut surtout pas s’autocensurer ou penser que ce métier n’est pas fait pour elles. La diversité dans les équipes techniques est une force, et leurs idées, leur point de vue sont essentiels à l’innovation. Si ce métier les attire, elles ne doivent pas hésiter à franchir le pas et à oser s’affirmer.
Quelles évolutions techniques ou sociétales vous tiennent particulièrement à cœur dans votre domaine ?
Évidemment, parmi toutes les évolutions techniques, celle qui me passionne aujourd’hui, c’est l’IA. C’est une révolution qui continue de transformer tous les secteurs, et ça va très vite. D’ailleurs, les algorithmes qui constituent ces solutions ont besoin d’être conçus collectivement et d’être alimentés par une diversité et un regard pluriel.
Par ailleurs, je me passionne pour le Green IT, afin de faire du code plus responsable et de réduire notre dette écologique. Je m’intéresse également à l’accessibilité pour tous à l’informatique. On ne parle pas simplement d’égalité homme-femme, mais aussi d’inclusion des différentes générations ou encore du handicap. Le numérique peut être un formidable vecteur d’inclusion, absolument universel. Pour y parvenir, il faut faire avancer la cause des femmes dans la tech, qu’on forme et qu’on embauche sans considération de genre et qu’on donne réellement sa chance à chaque femme souhaitant s’orienter vers un métier technique.